Soprane

Il y a d’une part le travail du metteur en scène David Gauchard.
Fin connaisseur de l’opéra (il a mis en scène plusieurs ouvrages lyriques), il a axé ces dernières années, en complicité avec la comédienne Emmanuelle Hiron, une partie de son travail autour d’un théâtre documentaire plébiscité par le public. Un théâtre qui trouve un juste équilibre entre un procédé d’entretiens rigoureux dont émergent des paroles rares, une dramaturgie au cordeau, beaucoup d’humour et de pudeur, et une direction d’acteur ciselée.

Nu a ainsi révélé les dessous du métier de modèles vivants dans les musées et les ateliers d’art, et Time to tell la mucoviscidose du jongleur virtuose Martin Palisse.

Il y a d’autre part Jeanne Crousaud, brillante soprane, fidèle complice de l’Opéra de Rennes, toujours avide de créations à la frontière entre l’opéra et le théâtre musical, mais surtout mue par le désir de s’investir dans des spectacles porteurs de sens à ses yeux.

Et il y a enfin un métier, collectif et solitaire, grisant et éreintant, glorieux et précaire, magnifique et dérisoire… Celui de chanteurs et de chanteuses lyriques. Comédiens et comédiennes de grand talent, musiciens et musiciennes à la technique vocale d’une extrême exigence, sportifs et sportives de haut niveau, créateurs et créatrices d’aujourd’hui, garants d’une tradition séculaire, leur métier fascine…

Au détour d’un café sur une terrasse de Rennes, est né avec David Gauchard ce désir conjoint de produire un nouveau volet de son théâtre documentaire. Un nouvel opus consacré au métier d’artiste lyrique, et plus précisément à la voix la plus pyrotechnique… Soprane !

Ni tout à fait récital, ni tout à fait conférence mise en scène, mais certainement un peu des deux, ce spectacle écrit à la lumière d’une quarantaine d’entretiens avec des artistes lyriques s’apparente selon moi, dans l’esprit, à la passionnante série de Jérôme Bel consacrée à de grands interprètes de la danse de Véronique Doisneau à Cédric Andrieux.

Un voyage fictionnel et documentaire au plus proche des chanteuses d’opéra, porté par l’une d’entre elle sous la forme d’un seule en scène.

Matthieu Rietzler
Directeur de l’Opéra de Rennes

Genre : théâtre
Année de création : 2026
Tout public à partir de 13 ans
Durée estimée : 1h

 

Création du 4 au 10 avril 2026 – Opéra de Rennes, dans le cadre du festival Mythos

 

Une création de David Gauchard, Emmanuelle Hiron et Jeanne Crousaud

Ecriture et direction d’actrice Emmanuelle Hiron
Interprétation et chant Jeanne Crousaud
Mise en scène et scénographie David Gauchard

 

Collaboration artistique Eva Taulois
Arrangement musical Olivier Mellano

Création lumière Didier Martin
Création sonore Mikael Plunian

Production L’unijambiste

Coproductions Opéra de Rennes – Théâtre de l’Archipel, Scène nationale de Perpignan…

Dates de tournée
5

représentations

CRÉATION

4 au 10 avril 2026 Opéra de Rennes, dans le cadre du Festival Mythos


 

DIFFUSION

Saison 25-26

en cours de calage

Note d'intuition / David Gauchard

David Gauchard met l’opéra à nu.
Accompagné dans sa démarche de la comédienne Emmanuelle Hiron, David Gauchard mène une enquête sur le métier méconnu de chanteuse lyrique.

Avec sa compagnie L’unijambiste, le metteur en scène David Gauchard pratique un théâtre de la rencontre.
Sur scène, mais aussi en amont, dans son processus de création, il rassemble des êtres et des choses qui n’auraient sans doute pu se rencontrer autrement.
Il « réconcilie » des histoires, des langages séparés les uns des autres. Dans chacune de ses créations, aux formes et,aux sujets très variés, il envoie le théâtre au-devant des réalités et des écritures qui l’intéressent. Il l’emmène à l’aventure. Récemment, il entreprend un voyage au cœur de Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau dans Le temps est la rivière où je m’en vais pêcher. Il s’y fait « arpenteur », pour « marcher, écouter, ressentir, être partie prenante de ce qui advient par la rencontre ». Dans Maloya, il accompagne le conteur Sergio Grondin dans une recherche sur les grandes figures de la musique éponyme.
Dans Time to tell, il guide le jongleur Martin Palisse dans le récit de sa maladie, la mucoviscidose, et de ce que celle-ci fait à son art et à sa vie. Avec Nu, il nous emmène dans l’univers intriguant des modèles vivants racontant la fragilité, la précarité mais aussi l’affirmation de soi.
Depuis quelques temps, David Gauchard affirme son goût pour l’entretien, pour l’enquête.

Dans Soprane, à l’invitation de Matthieu Rietzler (directeur de l’Opéra de Rennes) il fait un pas supplémentaire dans ce domaine. Comme à son habitude, le territoire qu’y explore le metteur en scène est pour lui presqu’inconnu.
« Source de fantasmes et d’idées préconçues » le métier de soprano lui ouvre un vaste espace de « réconciliation ».
Avec sa collaboratrice Emmanuelle Hiron et la chanteuse Jeanne Crousaud, il y entrera, une fois de plus, selon une méthode sociologique : ensemble, le trio mènera des entretiens avec une quarantaine de chanteuses rencontrées. À travers ce procédé, David Gauchard met son théâtre dans le même état que les personnes qu’il interroge : à voix nue.
Dans la dizaine d’entretiens sélectionnée pour la pièce, les traces de fabrication du montage, ses coutures, seront visibles à chaque instant.

Pour porter ces témoignages, l’interprète Jeanne Crousaud, restituera en direct les mots de ses consœurs qui lui arriveront depuis le casque qu’elle enfilera au début de chaque témoignage. N’ayant pas appris leurs textes, elle sera le relai au présent des paroles recueillies dont les récits constitueront l’essentiel de la pièce. Aussi fragile qu’eux en situation d’interview, Jeanne se devra d’être passeuse pleinement présente, entièrement disponible pour la rencontre entre théâtre et la parole collectée des soprano imaginée par David Gauchard.

Reines de la nuit.

C’est donc à des témoignages à l’état brut que nous donnera accès Soprane.
Jeanne Crousaud alternera ainsi ces prises de paroles intimes, politiques, artistiques avec des arias pour l’émotion pure du chant et réunir par la beauté de sa voix toutes ces histoires qui ont ce point commun. Elle rassemblera et colorera ainsi la représentation de la spécificité vocale des sopranes.

Cette parole sur ce métier spécifique est inhabituelle. Ces témoignages, individuellement passionnants à n’en pas douter, le seront davantage encore dans leur succession.
Car ensemble, ils formeront les contours d’une réalité que l’on s’aperçoit très vite ne pas connaître davantage que celle de la mucoviscidose, du Maloya ou du modèle vivant. Nous entrerons tout doucement dans les coulisses de l’opéra, dans la vie, la carrière, l’intime d’un chemin souvent sinueux et périlleux d’une voix soprane. La plus aiguë des voix de femmes.

Calendrier de création

Les différentes étapes entre 2024 et 2026

2024 — 2025

1 — Le collectage.

Rencontrer une quarantaine de chanteuses lyriques.

Réaliser des interviews, les retranscrire.

Entre juillet 2024 et avril 2025.

Partout en France et en Europe.

 

2 — La dramaturgie, l’écriture.

1 semaine de résidence / Mai ou juin 2025.

Lieu à définir

 

3 — L’adaptation musicale.

1 semaine de résidence / Automne 2025.

L’Archipel, Scène nationale de Perpignan

 

2026

4 — Les répétitions.

14 jours de résidence / Avril 2026.

Opéra de Rennes

 

5 — La création.

Avril 2026. Opéra de Rennes